Santé et bien-être

Que dit la nouvelle directive de l’Union européenne sur l’eau?

février 12, 2021

En 2014, près de 1,8 million d’européens se sont associés pour exiger de la Commission européenne le droit à une eau de meilleure qualité. Cette demande n’est pas tombée dans des oreilles de sourds, puisqu’en décembre 2020, la directive du Parlement européen et du conseil en rapport avec la qualité des eaux de consommation humaine a été refondue. Que dit donc la nouvelle directive ?

Le droit à l’eau

Dans cette nouvelle directive, la Commission européenne a amplifié le droit d’accès à l’eau et à l’assainissement pour tous. Il est important de s’appesantir sur la portion de la phrase « pour tous ». En effet, la nouvelle directive se fait un peu plus claire quant à l’inclusion dans ce droit des groupes vulnérables et marginalisés qui n’avaient pas ou avaient un accès limité, à l’eau.

De façon concrète, cela voudra dire qu’il faudrait installer dans les endroits publics et dans les immeubles des services publics, des dispositifs permettant l’accès à une eau de qualité pour tout le monde. Il faudra également sensibiliser et informer la population sur la qualité de l’eau qu’elle consomme.

Une approche basée sur les dangers pour la surveillance

Pour la nouvelle directive, tout le processus d’approvisionnement de l’eau devrait faire l’objet d'une approche basée sur les risques. Ainsi, du point de collecte jusqu’au point de contrôle de qualité, rien ne doit être laissé au hasard. Tous les dangers ou risques susceptibles de corrompre l’eau aux différents points de collecte doivent être identifiés. C’est ce que préconisent les différents plans de gestion de la sécuritaire sanitaire de l’eau de l’OMS.

Aussi, cette approche devra permettre aux entreprises ou sociétés distributrices d’eau, d’adapter la surveillance aux différents dangers identifiés et de mettre en place les mesures adéquates pour neutraliser ces dangers. Pour finir, cette approche voudrait prendre en compte les dangers reliés aux équipements privés de répartition de l’eau. Ceci, surtout dans les lieux où beaucoup de personnes sont susceptibles d’être exposées à ces dangers.

De nouvelles variables pour mieux suivre la qualité de l’eau

Les exigences minimales en ce qui concerne la qualité de l’eau ont été également revues par la nouvelle directive qui a proposé des paramètres nouveaux pour mieux analyser la qualité de l’eau. De ce fait, les coliphages somatiques font partie de ces paramètres. Cela permettrait d’identifier les dangers d’ordre microbiologique dans les eaux brutes.

En ce qui concerne les variables chimiques, la nouvelle directive voudrait que soient suivis les dérivés issus de désinfection, particulièrement les chlorates, le bisphénol A et d’autres composés chimiques. Pour l’analyse des dangers liés aux équipements privés de distribution, la directive voudrait qu’un œil soit gardé sur le plomb et sur les légionelles.

De plus, une liste de surveillance devrait être établie pour garder constamment un œil sur les substances qui constituent des préoccupations majeures pour la population et pour le monde scientifique. La directive prendra en compte les travaux de recherche de l’Organisation mondiale de la santé pour fixer les valeurs à partir desquelles, lesdits composés seront inscrits sur la liste. En principe, la toute première liste devrait être disponible d’ici 2022.

Une nouvelle dynamique pour les matériaux entrant en contact avec l’eau

La directive voudrait également que soit mis en place un système central d’évaluation pour toute l’Europe. Ce système devra inclure les tests de migration, certaines méthodologies et aussi une liste de composés qui seront autorisés lors de la fabrication de ces matériaux. Actuellement, la réglementation actuelle de la France prévoit que lesdits matériaux ne soient pas une source de prolifération des micro-organismes.

Pour finir, la nouvelle directive voudrait que chaque année certaines données soient communiquées aux consommateurs. Il s’agit du coût par litre et par mètre cube de l’eau, de même que la quantité consommée. Il en est de même de la comparaison de cette quantité avec les quantités moyennes consommées et les paramètres d’évaluation de la qualité de l’eau.

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